Les deux chemins : advaita, dvaita.

Publié le par Tout est bien

Ganesh 13

(Ganesh et Mushika)

 

Dans Ganesha, Dieu védique, Maître des obstacles, de la Connaissance et du Bonheur - Editions Shastri, de Pandit Vishvanath Shastri, Les deux chemins page 10 à 12.

 

[...]

"La tradition indienne toute entière repose sur cette notion d'un être suprême omniprésent, omniscient et éternel. Mais elle envisage deux chemins permettant de se relier à lui. Chacun choisit son chemin en fonction de sa nature, de ses goûts et de ses aptitudes.

 

L'advaita, le premier chemin.

 

L'advaita (non-dualisme) est la prise de conscience de l'identité de soi et du soi suprême, le Brahman, sans la forme. C'est le chemin abrupt que l'Inde nomme nirguna (sans caractéristique) ou nirakara (sans forme) dans lequel Dieu est dépourvu de représentation puisqu'il transcende toute catégorie. Dans cette voie, l'individu supprime la source de toute souffrance et de tout attachement car il ne vit plus dans l'illusion du monde. Il fait tomber le voile de la maya, le monde phénoménal, l'apparence trompeuse séparant l'être vivant de la seul réalité. Il ne pense plus "je fais", "je suis" car il n'établit plus de distinction entre le brahman et lui-même. Il n'a donc pas besoin de support extérieur ou de représentation de Dieu. Il perd tout sentiment d'égoïsme. Dépourvu de désir personnel, il est totalement détaché des choses de ce monde. Il vit dans un état de constant bonheur, indépendant des événements extérieurs. Il n'est pas affecté par cette constante fluctuation des joies et des peines qui agite ordinairement l'être humain.

 

La voie de l'advaita, le non-dualisme est la plus élevée mais aussi la plus ardue de toutes. Elle requiert une énergie hors du commun car elle exige de "marcher sur le fil de l'épée". Certains occidentaux se sentent attirés par elle car elle les séduit par sa rigueur philosophique et son dépouillement. Mais en Inde, on pense qu'elle ne convient qu'à une infime catégorie d'individus rendus dignes de la suivre par l'élévation spirituelle de leurs vies antérieures. Il ne suffit pas, en effet, d'adhérer à cette voie par le seul intellect. Il faut la mettre en pratique à chaque moment de l'existence, dans chaque acte et chaque pensée. Les émotions indisciplinées, les idées basses ou saugrenues, les relations négatives avec autrui ne peuvent s'accommoder de cette démarche. La voie du non-dualisme n'est pas uniquement adoptée par les renonçants, elle peut également l'être par des personnes engagées dans une vie sociale et familiale. Mais elle nécessite le réel et constant détachement.

 

Le dvaita, le second chemin

 

Le dvaita (dualisme) est la seconde voie qui est ouverte à tous. Elle est appelée saguna (dotée de caractéristiques) ou sakara (pourvue de forme) car elle consiste à se représenter le brahman sous une forme particulière. Celle-ci peut-être personnalisée et anthropomorphique (par exemple le Dieu Krishna représenté par une statue) ou plus abstraite comme le diagramme symbolisant shakti, l'énergie divine. Cette forme divine incarne certaines fonctions cosmiques de la conscience suprême (Brahma comme Principe de Création, Vishnu comme Principe de Préservation et d'Extensions de l'univers) et certaines qualités humaines dotées d'une telle perfection qu'elles expriment la plénitude de l'absolu (Ganesha ou l'intelligence, Ganga ou l'amour de la mère). Mais la forme n'est jamais considérée en tant que telle. Elle est le moyen de représenter l'ineffable.

Dans cette voie, il n'y a pas unité de l'âme suprême (paramatma) et de l'âme individuelle (atma) comme dans l'advaita mais dualité de celui qui aime (bhakta) et de celui qui est aimé (bhagavan). La relation prend des formes diverses selon celui qui la vit. Elle peut, par exemple, être ressentie comme une constante communication subtile ou comme un amour sublime et infini.

Pour exprimer son but, le dévot emploie fréquemment le terme sanskrit, bhagavan prapti, l'élan irrépressible visant à atteindre et à rejoindre Dieu., à le "gagner" et à recevoir sa grâce. Dans la relation à Dieu fondée sur l'amour, le dévot est pareil à l'amante qui veut obtenir l'amour du bien-aimé. Elle souhaite constamment sa présence, elle donne et se donne, elle reçoit en échange. Néanmoins la notion d'individualité s'amenuise. Le dévot ne pense pas "je fais" ou "je suis" mais "c'est par toi que je fais", "c'est grâce à toi que je suis". Pour le dévot, le monde qui l'entoure continue d'avoir une existence. Il est l'expression du "jeu" (lila) de la divinité. Cette existence disparaîtra au moment de sa mort de même que s'estompera alors la distinction entre lui-même et le Dieu qu'il vénère.

 

Le dualisme compte un grand nombre de démarches spirituelles, mais toutes ont en commun leur support que l'Inde désigne par le terme bhavana. L'exemple suivant permettra de comprendre ce terme. Voici une femme, que différents hommes viennent à regarder. Pour le premier, elle est l'épouse, pour le second, la mère, pour le troisième un objet de convoitise, pour le quatrième, elle n'est autre que la Mère divine.

 

Face à un même événement, à une même personne, à un même objet, chacun réagit différemment selon la bhavana qu'il nourrit en lui-même. Cette notion, on le voit, recouvre à la fois la pensée et l'émotion, l'imagination et la représentation parce qu'elle correspond au vécu profonde de l'individu. Aux yeux de l'athée, la plus belle représentation de Dieu n'est rien. Pour le dévot envahi par l'amour, une simple pierre au pied d'un arbre est le Seigneur Shiva lui-même.

 

Dualisme et non-dualisme, rappelons-le, possèdent le même but. L'advaita est souvent comparé au raccourci coupant dangereusement à travers forêts et précipices et le dvaita au sentier ondoyant doucement jusqu'au sommet de la montagne. Il faut savoir que la tradition compte six théories différentes combinant diversement le dvaita à l'advaita. Nous ne retenons sciemment que ces deux voies principales.

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Publié dans Hindouisme

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A
<br /> <br /> Bonsoir Touestbien,<br /> Bonsoir mes amis,<br /> <br /> <br /> Dès que nous nous concentrons en un point, une<br /> Représentation,                            nous sommes deux,<br /> le point, la Représentation, et celui qui se concentre.<br /> <br /> <br /> <br /> Cette situation nous accueille sur la voie du dénombrable.<br /> Alors Dieu peut être compté comme l’Un contenant le Tout.<br /> <br /> <br /> Dès que nous nous concentrons sur l’indénombrable,<br /> cette situation nous accueille sur la voie du vide et de l’infini.<br /> Alors Dieu ne peut être compté, Il est le Tout contenant l’Un.<br /> <br /> C’est parce que zéro est indénombrable qu'il n’est pas<br /> rien,                               <br /> comme il s'étand du vide jusqu’à<br /> l’infini                                                                      <br /> il est l’espace du jeu joyeux de notre conscience.<br /> <br /> <br /> A<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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T
<br /> <br /> Bonjour A,<br /> <br /> <br /> En te lisant,<br /> <br /> <br /> [...]<br /> <br /> <br /> Je repense aussi aux mots de Nisagardatta Maharaj qui disait "Quand je vois que je ne suis rien c'est la sagesse. Quand je vois que je suis tout c'est l'amour. Et entre les deux ma vie s'écoule."<br /> <br /> <br /> Se rendre disponible.<br /> <br /> <br /> Accueillir le jour nouveau qui se lève.<br /> <br /> <br /> La Joie, nos plaisirs et nos peines.<br /> <br /> <br /> La réponse vivante<br /> <br /> <br /> Bonne journée mon Ami.<br /> <br /> <br /> <br />