Textes de Ramana Maharshi
Bhagavan Sri Ramana Maharshi [...] écrivit très peu [...] mais un grand nombre des conversations qu’il a eues avec ses visiteurs ont été retranscrites par certains de ses proches disciples et ensuite publiées par l’ashram. Il n’était pas un philosophe ou quelqu’un essayant d’instituer un système quelconque, mais « Un Etre réalisé » dont la parole et l’expérience provenaient d’une connaissance directe. Il arrive parfois à celui qui est sur un chemin spirituel, avancé ou non, d’expérimenter une fraction de seconde ce que pourrait être la réalisation et ainsi de prendre conscience définitivement de sa nature divine et éternelle. Une telle expérience se produisit chez le Maharshi alors qu’il n’était encore qu’un jeune garçon de seize ans, à la différence que pour lui ce fut définitif.
Ce moment où l’ego fut déraciné une fois pour toutes est décrit dans le chapitre « Expérience de la mort à l’age de seize ans ». Peu après que ce changement ne se produise, le jeune garçon, qui sera plus tard appelé Maharshi, s’enfuit de chez lui et devint un sadhu. Il parvint à Tiruvannamalai au pied de la montagne sacrée Arunachala et y resta jusqu’à la fin de sa vie. Pour un temps, il demeura assis, immergé dans la béatitude divine, ne parlant pas, mangeant peu, négligeant complètement son corps avec lequel il ne s’identifiait plus. De façon progressive, cependant, des disciples se regroupèrent autour de lui et, pour répondre à leurs demandes, il revint à une vie normale.
C’est ainsi qu’en leur expliquant certains passages d’ouvrages spirituels il devint assez érudit,
presque par accident et sans chercher à donner de valeur à la connaissance livresque. Les anciens enseignements relatifs à la
non dualité ne venaient que confirmer ce qu’il expérimentait de façon continue dans son état de réalisation. Il
expliqua cela lui-même : « Je n’avais lu aucun livre excepté le Péripuranam, la Bible et des morceaux de Thayumanavar ;
ma conception d’Iswara était la même que celle des puranas ; je n’avais jamais entendu parler de Brahman, du samsara ni de rien d’autre, je n’avais pas non plus la notion qu’il puisse y avoir une unité sous-tendant toutes choses, avec laquelle Iswara et
moi-même ne faisions qu’un. Plus tard à Tiruvannamalai, en écoutant la Ribhu Gita et en lisant d’autres livres sacrés,
je trouvais que tout ce que les livres analysaient et nommaient, je l’avais ressenti intuitivement et sans réfléchir. »
La base de l’enseignement de Sri Ramana Maharshi est la quête “Qui suis-je” ou atma vichara ou recherche du Soi.
Cette méthode d’investigation est très simple et très universelle ; on pourrait la résumer ainsi : On s’assoit, on ferme les yeux (quand on est débutant), des pensées se présentent ; on pose alors la question “Qui pense ?” ou “En qui ces pensées s’élèvent-elles ?”, la réponse logique est “En moi” ; on enchaîne ensuite avec la question : “Moi (formulé ou non), « Qui suis-je ? » et « Où suis-je ? » qui permet de se concentrer sur le Coeur spirituel situé du coté droit de la poitrine et de s’y maintenir durant la recherche.
Avec de la pratique, la quête peut se résumer aux deux questions : “QUI SUIS-JE ?” et “OU SUIS-JE ?”.
Le plus important n’est pas d’avoir une connaissance intellectuelle de cette méthode mais de la pratiquer ; cela peut paraître difficile au début mais avec le temps cela devient plus aisé ; le mieux est de pratiquer aussi souvent qu’on y pense et le plus longtemps possible. Le but est de laisser l’ego s’extérioriser de moins en moins (sous forme de pensées) et de le ramener aussi souvent et longtemps que possible à sa nature profonde qui est le Soi.