Tantra - Daniel Odier - Les petits hommes gris ont réintégré le temple

Publié le par Tout est bien

tantra - odier"La première chose que fait un tantrika, c'est de vaincre sa peur, de pousser un grand cri, un cri de renaissance et de laisser tous les petits hommes gris sortir de sa Conscience. C'est très difficile. Il faut beaucoup de courage pour répandre l'eau fraîche et les pétales de rose sur les dalles vides du temple. On n'a qu'une envie c'est de courir derrière les hommes gris et de leur demander humblement de revenir. D'ailleurs ils attendent longtemps autour du temple, ils restent à portée de voix, ils guettent un instant de faiblesse de ta part.

Pendant quelques secondes on se sent très seul, abandonné de tous, l'espace est trop grand, trop vide. On tremble, on a de la peine à faire glisser l'eau sur les dalles, à éjecter tout ce que les petits hommes gris on laissé derrière eux, comme pour marquer leur territoire. Mais dès qu'on lave à grande eau, dès qu'on jette les pétales, on sent alors une immense fraîcheur, un espace divin et parfumé, complètement ouvert : celui de sa propre conscience vide."

 

"Vient alors le moment le plus difficile. Bien plus difficile encore que d'abandonner sa peur. Lorsque le temple est vide, resplendissant, que la lumière y vibre, que les chants des oiseaux s'y épanouissent, que les parfums le traversent, que les rayons de lune le rendent encore plus spacieux, nous nous félicitons de notre sagesse et de notre clairvoyance et nous nous disons : "ce lieu est maintenant tout à fait pur. C'est l'endroit idéal pour entreposer les éléments sublimes auxquels j'ai eu accès. Dans ce temple, je vais entreposer ce que la sagesse a produit de plus profond pour en nourrir ma Conscience."

 

"Au début, on se sent merveilleusement bien, on introduit de grandes et belles notions, un idéal épuré, des enseignements magistraux. Tout l'univers semble accepter de faire partie de notre plan. On se construit peu à peu une très belle théorie du monde et on évolue dans un savoir parfait. Pourtant, progressivement, les choses se modifient imperceptiblement. Au début on ne s'en rend pas compte. On s'accroche à l'idée qu'il n'y a que du sublime dans ce temple, et pourtant, on ne s'y sent déjà plus tout à fait à l'aise d'autant plus qu'on désire voir les autres se conformer à cette vérité chèrement acquise. Déjà nous commencçons à exercer une violence sur les autres et sur soi."

 

"Une nuit, dans son sommeil, on croit entendre une voix, puis deux, puis dix ou vingt et un matin en s'éveillant, on s'aperçoit que tous les petits hommes gris ont réintégré le temple et que nous sommes soumis à leurs chuchotements, discrets au début puis de plus en plus présents. Ils ont profité de s'accrocher aux notions et aux croyances que nous avons fait pénétrer dans le temple vide."

 

 


Tantra : L' initiation d'un occidental à l'amour absolu - Daniel Odier - Éditions Jean-Claude Lattès, 1996 - Pocket Spiritualité - Extraits - Pages 64, 65, et 66



Publicité

Publié dans Tantrisme

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article