Qui-suis-je ? : la quête sacrée - Jean Klein : "Je ne sais pas"

Publié le par Tout est bien

jeankleinLorsque nous demandons : qui suis-je ?, nous interrogeons ce centre de référence, nous interrogeons celui qui interroge, et de toute évidence ce qui est en question ne peut donner une réponse. Dans cet espace de recherche la mémoire n'a aucun rôle car qu'y a-t-il à comparer au "je" ou à la vie ?


Nous ne pouvons sortir de cela, nous sommes cela. Alors nous sommes amenés à un arrêt, et nulle part où aller. Nous ne savons plus. Il est possible de passer une vie entière, planant là aux frontières du concept, où Kant s'est trouvé.

Mais là où pour le philosophe la recherche se termine, pour celui qui cherche la vérité ce n'est que le commencement. Car c'est le moment où l'on passe de la recherche spirituelle mue par un pressentiment de la réponse à ce que l'on pourrait appeler la quête sacrée qui est la réponse.

 

La quête réelle commence lorsque ce non-savoir cesse d'être un concept agnostique et devient une expérience vivante. Cela survient soudain lorsque l'arrêt de l'effort mental est ressenti à chaque niveau, c'est-à-dire lorsqu'il devient une perception immédiate plutôt qu'une simple cognition.


Lorsque l'état "je ne sais pas" est accepté comme un fait, toute l'énergie qui était jusque-là dirigée vers "l'extérieur", dans sa recherche d'une réponse, ou vers l'"intérieur" dans sa recherche d'une interprétation, est maintenant libérée de toute projection, et conservée.


En d'autres termes, l'attention n'est plus dirigée vers l'aspect objectif mais va reposer dans le multidimensionnel organique. Cela se manifeste par une orientation soudaine, un déplacement de l'axe de notre existence, la fin de la recherche de réponses en dehors de la question même.

 

Permettre au "je ne sais pas" d'être pleinement exploré amène celui qui cherche dans un domaine nouveau.

 


C'est une nouvelle façon de vivre. Un état d'expansion à tous les niveaux, une ouverture à l'inconnu et donc à la toute-possibilité.

Il n'y a rien d'introverti ou de mystique dans le fait de vivre dans l'ouverture, dans la vigilance non dirigée. Les outils de l'existence, la mémoire et le "je" vont et viennent lorsqu'on a besoin d'eux, mais la présence dans laquelle ils vont et viennent demeure.

La disparition du centre de référence ne signifie plus inconscience, vide, mort. Il y a le continuum de la conscience, la vie, où tous les phénomènes apparaissent et disparaissent. Là seulement, il existe une sécurité et un accomplissement absolus. A partir de ce moment les résidus de formulation, de subjectivité deviennent plus économiques, alimentés par rien d'autre que la question même, jusqu'à ce que les résidus de la Question vivante soient dissous dans la Réponse vivante.

[...]

 

Extraits de l'introduction (pages 13 et 14) écrite par Emma Edwards.



Extraits de :

Jean Klein, Qui suis-je ? : La quête sacrée.- Editions Albin Michel S.A., 1989. (Collection Sagesses, Le relié Poche)

 

Liste d'articles de "Qui suis-je ? : la quête sacrée"

Page de ce blog rassemblant les extraits de ce livre.



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Publié dans Jean Klein

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