Françis Lucille - Le sens des choses - Invitation et craintes
"[...] Est-ce que vous vous rappelez les moments qui ont précédé votre re-connaissance ?
Oui.
[...]
Aviez-vous auparavant une idée de ce qui allait se passer ?
Oui et non.
Oui, parce que je sentais l'invitation. Non, parce que jusqu'alors je n'avais connu que bonheurs relatifs, vérités relatives, connaissances relatives et je n'aurais pas pu imaginer l'absolu, l'ineffable.
Le soi est au-delà de tout concept, de toute projection. C'est pourquoi nous ne pouvons pas nous diriger vers lui de notre propre chef et devons attendre qu'il nous sollicite. Mais quand il nous invite, nous devons dire oui joyeusement, sans hésiter. La décision nous appartient, la seule dans laquelle nous exerçons un réel libre choix.
L'un des raisons pour lesquelles je remets à plus tard et je ne me rends pas à l'invitation est ma crainte que ma vie ne soit radicalement changée.
Oh, oui, elle le sera.
Ainsi que ma famille ?
Votre famille aussi. Tout sera changé.
Je crains que certaines personnes ne me quittent et soient remplacées par d'autres.
Je puis vous assurer que vous ne regretterez rien.
Est-il possible d'avoir reçu l'invitation et de l'avoir refusée ?
Oui, vous êtes libre.
Serai-je invité à nouveau ?
Oui. Tenez-vous prêt. Soyez disponible. Vous êtes disponible quand vous comprenez qu'il n'est rien que vous puissiez faire par vous-même pour vous rendre chez le Roi. Quand vous réalisez votre impuissance totale, vous devenez une salle vide. Dès que vous devenez une salle vide, vous êtes un sanctuaire. Alors le Roi entre, prend place sur le trône et vous gratifie de sa présence immortelle."
Françis Lucille.- "Le sens des choses : entretiens sur la non-dualité".- Chapitre I : L'art du non-attendre.p.21 et 22. Editions Accarias L'originel, 2007.