Françis Lucille - Le sens des choses : "Assis en silence 2 fois par jour"

Publié le par Tout est bien

le sens des chosesVous semblez impliquer que toute approche graduelle est motivée par l'ego. Dois-je cesser mes méditations biquotidiennes ?

 

Je n'ai aucune objection contre cette pratique. Bien au contraire, je recommande que vous restiez assis en silence deux fois par jour, de préférence avant le coucher et au réveil. Ce que j'entends par assise silencieuse est une assise libre des pensées dualisantes, une assise dans l'être, dans le non-faire, et non pas dans le devenir, dans la poursuite d'objectifs variés. Si la notion d'une personne surgit alors, une personne qui veut devenir Président de la République ou réaliser le soi, prenez-en tout simplement conscience.

 

N'essayez surtout pas d'éliminer l'ego, de lutter contre lui. Ne vous jugez pas. L'ego n'est qu'une ancienne habitude, il cessera de vous rendre misérable si vous le laissez croupir dans un coin. Dès que vous prenez conscience de sa présence insidieuse, il est neutralisé.

 

Soyez attentifs aux premiers surgissements de la peur, de désir, d'ennui. N'essayez pas de les éviter ; accueillez-les, laissez-les se déployer à loisir dans votre présence bienveillante. Notez que ces mentations ont une composante conceptuelle, liée à la notion d'être une personne, ainsi qu'une composante perceptuelle.

 

La composante conceptuelle peut-être aisément confrontée par les questions "Qui a peur ? Qui ressent un manque ? Qui s'ennuie ?".

Les perceptions corporelles sous-jacentes exigent que vous leur octroyiez l'attention et la patience, l'espace et le temps nécessaire à leur déploiement, à leur évolution, au récit de leur histoire. N'essayez pas de vous débarasser de ses sensations corporelles ni de les maintenir. Laissez-les venir et laissez-les partir.

 

De cette manière l'attention se retire du domaine objectif dans laquelle elle s'était investie et se transfère spontanément vers la conscience. C'est la seule manière de faciliter ce transfert, car le mental ne peut pas s'orienter de lui-même vers ce qui est hors de son atteinte et de sa vue. Toute tentative en ce sens créerait une relation sujet-objet et se solderait donc par un échec.

 

 


Extrait de : "Le sens des choses : entretiens sur la non-dualité" de Françis Lucille - Chapitre II : La voie directe, pages 49 à 50 - Editions Accarias L'originel, 2007.


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