Dzogchen

Publié le par Tout est bien

symbole dzogchen

 

 

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Dzogchen

 

Le Dzogchen (tibétain : རྫོགས་ཆེན་, rdzogs chen, contraction de rdzogs pa chen po; sanskrit : Mahâsandhi), « grande perfection » ou « grande complétude », est un ensemble d'enseignements et de techniques d'éveil spirituel du bouddhisme tibétain, basée sur des transmissions à l’origine ésotériques des courants bönpo, nyingma, et drikung kagyu, et adopté à titre personnel par de nombreux maîtres d'autres lignées comme les 5e, 13e et 14e dalaï-lama ; elle a aussi inspiré le 3e Karmapa. Elle est également connue sous le nom d'ati-yoga (yoga extraordinaire) ou Mahâ-ati.

 

Cet enseignement, tout comme le mahamudra (gelugpa, sakyapa et kagyupa), prétend se situer au-delà des sutras et des tantras, et donc constituer un véhicule (yana) en soi, au-delà des trois véhicules traditionnels (hinayana, mahayana, vajrayana), qu'il peut toutefois utiliser comme des moyens auxiliaires.

 

Son principe est l'autolibération spontanée des passions et non leur transformation comme dans le tantrisme. Il présente par là certaines analogies avec le chan, qui d’ailleurs tenta de s’implanter au Tibet avant d’en être chassé, comme le relate le concile de Lhassa. On pourrait dire que le dzogchen est au bouddhisme vajrayâna ce que le subitisme est au gradualisme dans le mahayana, une voie directe, située au-delà des causes et des effets.

 

[...]

Principes fondamentaux :

Le point de vue dzogchen sur l'opposition fondamentale dans le bouddhisme entre nirvana et samsara est que cette opposition est, comme toute dualité, relative et susceptible d'être transcendée, il serait donc inutile de vouloir quitter le samsara et de rechercher le nirvana. Il s'intéresse plutôt au point-clé de la co-émergence (sahaja) du samsara, du nirvana, et de celui qui l'expérimente (le sujet, l'ego), en entrainant son esprit à la présence vigilante, qui en permet la prise de conscience à l'instant même où elle se produit.

 

Un esprit ainsi orienté est dit reposer dans la base. Celui qui ne quitte jamais la base est un Bouddha: il n'offre pas de prise au samsara lui permettant de se solidifier, autre façon de dire qu'il est libre de karma et toutes les formes d'illusions et d'attachements se libèrent spontanément, manifestant la vitalité de la bouddhéité intrinsèque, innée.

 

La pratique du dzogchen est donc présentée comme un non-agir, la rapprochant du zen et du taoisme.

« Le Dzogchen, ou Grande Complétude, est bien connu comme le système de pensée et de pratique le plus révéré parmi les anciennes traditions Bouddhistes et Bön du Tibet.

Dans ces traditions la « nature de l'esprit » (sems nyid) est à la fois le but de la pratique et son point de départ. Étant entièrement sans artifice [uncontrived], elle ne s'améliore pas dans l'éveil, ni ne devient déficiente dans le samsara. Toujours présente en tous les êtres, elle est la condition naturelle (gnas lugs) de chaque esprit.

L'éveil est simplement la pleine évidence (mngon du gyurpa, abhimukhi) et expérience (nyams myong, anubhava) de cette condition fondamentale. »

Sogyal Rinpoché déclare:

« Le Dzogchen n'est pas seulement un enseignement, ou une autre philosophie, un autre système complexe, un ensemble séduisant de techniques diverses. 

Le Dzogchen est un état, l'état primordial même, l'état d'éveil total qui constitue l'essence du cœur des tous les bouddhas et de toutes les voies spirituelles ainsi que l'apogée de l'évolution spirituelle de tout individu. »

Selon Philippe Cornu :

«  Avant tout, [Le Dzogchen] est la grande perfection de la nature de Bouddha qui demeure en chacun des êtres, c'est-à-dire l'état naturel véritable, tel qu'on le découvre quand se dissipe l'ignorance. Cette perfection à laquelle on ne peut rien ajouter ni retrancher est la simplicité fondamentale de l'éveil, libre et sans complications.

Cet état, appelé rigpa en tibétain, est à la fois primordialement pur et spontanément accompli. Sa pureté primordiale signifie qu'il n'a jamais été souillé ou affecté par quoi que ce soit, qu'il est au-delà de tout concept et jouit de la liberté naturelle depuis toujours. »

[...]

 

La Base primordiale :

Les enseignements Dzogchen sont structurés en base, chemin et fruit.

 

En ce qui concerne le premier, Philippe Cornu écrit :

« la base primordiale est le fondement originel de l'esprit d'où jaillissent toutes choses manifestées [...]

On décrit la base primordiale par les trois Sagesses :

 

Son essence [...] est vacuité, c'est-à-dire dépourvue d'être-en-soi, informulable, au-delà de tout concept et primordialement pure.

 

Sa nature [...] est luminosité, c'est-à-dire que la base n'est pas un néant mais recèle une infinité de qualités lumineuses spontanément présentes quoique non encore manifestées. [...]

 

Son troisième aspect est sa compassion ou énergie [...], que l'on peut définir comme une ouverture incessante, une aptitude à se manifester qui lui permettra de devenir la base d'émergence de toutes choses. »

[...]

 

Rigpa ou la condition naturelle de l'esprit :

Pour aboutir à l'autolibération, le dzogchen affirme qu'il faut maintenir sa conscience en rigpa, l'état de présence claire et éveillée.

 

Dans son essence, rigpa est vacuité, mais dans sa nature, il est lumière spontanée, énergie créatrice dont les phénomènes sont les attributs. Interprété selon la doctrine des « trois corps » ou trikāya, l'essence vide est le « corps absolu » ou dharmakāya, la lumière ou la radiance est le « corps de félicité » ou sambhogakāya, et les phénomènes le « corps d'apparition » ou nirmānakāya. L'esprit et les passions ne sont donc qu'un jeu issu de la créativité lumineuse.

 

Les phénomènes se dissolvent en rigpa sans laisser de trace, il n'y a pas d'attachement, pas de finalité et donc pas de karma.

 

Rigpa peut être comparé à un miroir, vide en lui-même mais simultanément doté de la potentialité de refléter toutes les apparences, belles ou laides, sans en être souillé.


Dans l'état synchronisé à rigpa, on contemple les phénomènes sans s'y attacher, les rejeter, ou se projeter en eux. Ainsi, on demeure stable, hors de l'illusion et de la saisie, dans la non-dualité. La condition naturelle de l'esprit est donc identique à rigpa, spontanément et primordialement pure, lumineuse et vide.


Pour retrouver cette condition, on distingue la base, la voie et le fruit.

 

La base est indiscernable de rigpa.

 

La voie est la reconnaissance de rigpa en soi.

 

Le fruit ou réintégration de la base est le retour des éléments du corps grossier à leur nature lumineuse, et le plein éveil dans un corps de lumière.


Le fruit et la base sont une seule et même chose.

 

C’est pourquoi, pour un bouddha, être éveillé, il n'existe aucune voie susceptible d'être parcourue pour en réaliser le fruit. Le chemin de réintégration n'a de sens que pour les êtres sensibles égarés de la base par l'ignorance.

Pour l'être établi en rigpa, il n'y a pas de différence entre la méditation assise et la vie quotidienne.

 


Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rigpa


[...]

 

Rigpa est le concept-clé de l'atiyoga, l'« au-delà du yoga», qui en transcende la dualité. Cet ensemble de techniques vise à laisser rigpa émerger puis s'épanouir et se stabiliser, plutôt que de laisser un égo réticent à sa propre abolition chercher à lever lui-même les voiles à l'Éveil.

 

[...]


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D
<br /> Bonsoir Ami Teb! :)<br /> <br /> <br /> 'Pour l'être établi en rigpa, il n'y a pas de différence entre la méditation assise et la vie quotidienne'<br /> <br /> <br /> C'Est exactement mon ressenti, on peut rester présent quand on le désire.<br /> <br /> <br /> Le souffle Est vraiment important pour être ici et maintenant.<br /> <br /> <br /> Vient de terminer ' l'éveil des sens '  de Jon, fabuleux!<br /> <br /> <br /> Du coup, me suis commander 'au coeur de la tourmente, la pleine Conscience'<br /> <br /> <br /> Bisous a toi Teb, et a sans objet aussi! <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br />
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T
<br /> <br /> Bonjour Amie Danielle,<br /> <br /> <br /> Tu relies dans ton commentaire -par leur présence en lui- cette citation de l'article "Dzogchen", l'expression de ton "ressenti", ton expérience, et le mouvement "pleine conscience" dont tu viens<br /> de lire avec plaisir un livre de son fondateur Jon Kabat Zinn.<br /> <br /> <br /> En ce qui me concerne le lien existe également entre ces trois choses<br /> <br /> <br /> J'aborde ces jours, dans ce blog, le Dzogchen, les enseignement en vidéo de Geshe Tenzin Wangyal Rinpoché parce que j'ai<br /> entendu parler du nom de cette tradition spirituelle tibétaine, pour la première fois je ne sais, mais en tous cas de manière évidente dans le cd de méditations guidées associées au livre de Jon<br /> Kabat Zinn, : Méditer : 108 leçons de pleine conscience. Plus précisément dans la dernière piste intitulée "méditation sans objet". Curiosité pour le moins, attente légère d'un<br /> éclairage supplémentaire.<br /> <br /> <br /> J'en profite ici pour saluer comme toi notre Ami sans objet.<br /> <br /> <br /> Cette méditation guidée dite sans objet m'est chère parce qu'elle correspond à ce qui me semble être ce vers quoi je finit par tendre "une voie directe". La question que mon esprit pose parfois<br /> est "est-ce par paresse ?". Mais cela dans l'histoire de Teb ne semble pas être le cas.<br /> <br /> <br /> Cette auto-libération consciente des pensées, émotions, passions dont il est question dans le Dzogchen, du très peu dont j'en connais aujourd'hui semble me correspondre. Je repense aussi souvent<br /> à la phrase de Jean Bouchart D'Orval qui m'avait marquée, quelque chose comme "à quoi sert de repeindre la salle de bal du Titanic puisqu'il va couler".<br /> <br /> <br /> Bon j'arrête là ces explications, des tâches ménagères m'attendent <br /> <br /> <br /> Bisous Danielle, à bientôt.<br /> <br /> <br /> <br />