Yama (disciplines morales) : Brahmacarya (voir la divinité en tout)
Selon le dictionnaire, brahmacarya signifie une vie de célibat et de retenue, consacrée aux études religieuses. Il est dit que la perte de la semence conduit à la mort, et sa rétention, à la vie.
Lorsque la semence est conservée, le corps du yogi dégage une odeur agréable. Aussi longtemps que la semence est retenue, la peur de la mort n'existe pas. D'où la recommandation selon laquelle il faut la préserver par un grand effort de concentration de l'esprit.
Le concept de brahmacarya n'est pas un concept de négation, d'autorité forcée et d'interdiction. Selon Shankaracarya, un brahamacari (celui qui observe le brahmacarya) est un homme qui est absorbé dans l'étude de la science sacrée du Veda, vit constamment en brahman, et sait que tout existe en Brahman. En d'autres mots celui qui voit la divinité en tout est un brahmacari.
Patanjali, cependant, insiste sur la continence du corps, de la parole et de l'esprit. cela n'implique pas que la philosophie du yoga soit réservée aux seuls célibataires. Brahmacarya a peu de rapport avec le fait que l'on soit célibataire ou marié et vivant dans une vie de chef de famille. chacun doit faire passer les aspects les plus élevés du brahmacarya dans sa vie quotidienne. Il n'est pas nécessaire pour obtenir le salut de rester célibataire et sans foyer. Au contraire tous les smrti (textes de loi) recommandent le mariage. sans l'expérience de l'amour et du bonheur humains, il n'est pas possible de connaître l'amour divin. Presque tous les yogis et les sages de l'ancien temps en Inde étaient mariés et avaient leur propre famille. Ils ne se dérobaient pas à leur responsabilité sociales ou morales. Le fait d'être marié et d'avoir des enfants n'est pas un obstacle à la connaissance de l'amour divin, au bonheur et à l'union avec l'Ame Universelle.
En partant de la situation de l'adepte qui est chef de famille, la Siva samhita dit : "Qu'il pratique en dehors de la compagnie des hommes en un lieu retiré. Pour l'apparence, il doit rester dans la société, mais ne s'y complaira pas ; il ne doit pas renoncer aux devoirs de sa profession, de sa caste ni de son rang : qu'il les remplisse en se considérant comme l'instrument du Seigneur, sans aucune pensée pour leurs résultats. Il connait le succès parce qu'il a la sagesse de suivre la méthode du yoga : cela ne fait aucun doute. Vivant en son foyer et remplissant ses devoirs de chef de famille, celui qui est affranchi du souci du mérite ou du démérite et a maîtrisé ses sens, gagne le salut.
"Le chef de famille qui pratique le yoga n'est pas affecté par le vice et la vertu ; si, pour protéger l'humanité, il lui arrive de commettre un péché, il ne s'en trouve pas souillé." (Chapitre 5, versets 234-238)
Lorsque l'on vit selon brahmacarya, une réserve de vitalité et d'énergie se développe, l'esprit devient courageux, et l'intelligence puissante. Cela permet de lutter contre toutes sortes d'injustice. le brahmacari use avec sagesse des forces qu'il créé : il utilise ses forces physiques pour remplir la tâche que le Seigneur lui donne, ses forces intellectuelles pour répandre la culture, et ses forces mentales pour le développement de la vie spirituelle. Brahmacarya est la flamme qui allume la torche de la sagesse.
Source : Bible du Yoga : santé du corps, paix de l'esprit - B.K.S. IYENGAR - Edition J'ai Lu - Collection Aventure secrète, 2009. Pages 42 à 43
Astanga Yoga : les huit piliers du Yoga - Liens vers les articles
.....