Simplement cessons
Ne soyons plus qu’un léger battement lent de notre cœur,
un courant d’air presque imperceptible aux ailes de notre nez,
une circulation de fluide ralentie dans notre corps,
une chaudière en position hors gel.
Ne soyons plus qu’un endroit ou notre regard ne trouve rien pour s’accrocher,
où notre oreille n’entend que le bruit de la pression sanguine à notre tympan.
Laissons nos fonctions vitales s’assurer de leur œuvre au minimum.
Accueillons simplement le vide qui emplit tout par dessus notre mental.
N’ayons aucune peur de tomber en état de maladie ou de souffrance,
nous y sommes déjà, sans aucun lieu ou pouvoir tomber.
Ne rêvons pas d'accéder au Bonheur, il n'existe aucune hauteur où le trouver.
N’ayons aucune soif d’une soif, ni assoiffée ni étanchée,
tel un égaré dans le désert qui voit une oasis dans un mirage
et un mirage dans une oasis.
Arrêtons d’agir d’aucune façon sur le monde, à l’extérieur comme à l’intérieur.
Soyons comme la fleur épanouie au soleil,
qui n’a pas moyen de penser qu’elle s’ouvre dans l’aube du matin
et se referme dans le crépuscule du soir,
et qui offre son parfum, malgré elle, au présent midi,
tellement belle de cette insouciance.
Restons complètement vigilant à ce que rien ne se passe.
Contre toute attente, simplement cessons.
Alors quelque chose se déploie sans action.
Une Présence est là,
pour toujours,
comme une parole muette dans le vent de notre existence.
Avec mes remerciements
[...]
« Pourquoi? » est une attente face à la cause, à l’origine,
et aussi face à l’aboutissement, au but
de l’action qui préoccupe notre mental.
« Comment? » est une attente face au déroulement, au continuum,
de l’action qui le préoccupe.
L’Action juste qui naît instantanément en supplément de notre mental
et se déroule en le contrôlant,ne le laisse, à ce moment,
engendrer ni « Pourquoi? » ni « Comment? »,
puisqu’elle s’opère en dehors de toute considération spatio-temporelle.
L’Acteur juste n’accorde d’importance ni à l’origine ni aux fruits de l’Action.
L’Action juste prend place dans le silence de notre être,
sans commencement et sans fin,
comme Manifestation en tant qu’Action
et comme Reflet en tant que non-Action
Un point d’interrogation peut transparaître dans un cri,
dans une voix forte, une voix douce,
ou même un chuchotement.
Le jour où nous cessons,
il reste muet devant le Silence
et s’évanouit en y entrant.
Remerciements