Nés pour être libres - Jac O'Keeffe : Chapitre 5

Publié le par Tout est bien

jac-o keeffe

Chapitre 5 : L'état naturel

(Pages 67 à 80)


 

(Page 67)

 

"Tout ce dont une personne adulte a besoin, c'est d'un toit, de nourriture, et de vêtements. Tout le reste, tout ce à quoi vous pouvez penser, est la source des désirs. Un désir n'a jamais besoin d'être assouvi, il n'est qu'une croyance doublée d'un forte identification, qui peut se transformer en obsession."

[...]

"Préparez-vous donc à abandonner vos désirs, si la libération vous intéresse. Si par contre, vous êtes attachés aux désirs au point de vouloir réaliser ces buts auto-créés, suivez ce chemin, la connaissance spirituelle n'ira pas au-delà de la curiosité intellectuelle pour le moment."

[...]

 

Votre intérêt pour les choses du monde tombera tout naturellement. [...]

 

(Page 68)

 

[...]

"L'attrait intérieur culmine lorsque vous réalisez que vous n'êtes attaché à rien dans la vie, que vous êtes prêt à tout quitter et à abandonner tout désir. En même temps vous savez qu'il n'existe pas d'autre endroit où aller, tout au moins sur le plan physique."

 

"[Les chercheurs spirituels] passent d'une philosophie ésotérique à une autre, cherchant toujours à l'extérieur les parties manquantes du puzzle de la vie ou de l'au-delà. [...] Mais rien ne semble pouvoir satisfaire l'aspiration profonde de vérité spirituelle.

Cette recherche n'est rien d'autre que la recherche de votre Soi, le besoin de se sentir "chez soi" dans le repos intérieur le plus complet, que vous ne pouvez pas trouver à l'extérieur.

 

La recherche en elle-même peut devenir une distraction, car elle motive l'activité tout comme un désir. Toute recherche est conduite par la pensée, même parvenir à l'éveil n'existe pas au-delà du concept. Tout ce que vous faites pour réaliser votre Soi vous en éloigne d'autant."

 

(Page 69)

 

[...]

"Remarquez que le désir d'être autre, de vouloir ressentir vous-même ou votre vie différemment, n'est qu'une pensée vous distrayant de ce qui est en parfaite harmonie, calme et silencieux à un niveau plus profond en vous."

 

[...]

"[Les pensées] sont toutes égales et n'ont aucun pouvoir. Elles existent seulement en tant qu'imagination, jusqu'à ce que vous décidiez de leur donner le poids et le pouvoir d'être vraies pour vous. En choisissant de croire en vos pensées, vous leur donnez une existence et le drame commence."

 

(Page 70)

 

"Examinons ce que vous croyez être.

 

[...] Il est facile de voir que vous n'êtes pas votre corps. Si vous l'étiez, après l'amputation d'un membre [ou la perte "de la vue, de l'ouïe"], il resterait moins de vous en existence ce qui n'est clairement pas le cas.

 

Vous n'êtes pas vos pensées. Comment pourriez-vous être vos pensées, alors que vous pouvez voir que vous en avez ? Si vous pouvez reconnaître qu'une pensée a retenu votre attention et qu'ensuite vous n'avez plus cette pensée, c'est que vous deviez être là avant celle-ci. [...]"

 

(Page 71)

 

"[...] Vous n'êtes pas le mental [ensemble de pensées], c'est quelque chose que vous possédez.

 

Alors, qu'êtes-vous ou qui êtes-vous ? [...] Vous pouvez placer votre conscience dans JE SUIS (l'observateur). De là vous pouvez percevoir impartialement, en dehors de l'activité mentale qui implique l'identification. Dans JE SUIS, le mode de l'observateur, vous êtes libre des réactions émotionnelles, et le flot de ce qui arrive s'écoule avec facilité. [...] Vous êtes jusqu'à un certain point, en dehors du drame et du cycle des plaisirs et des peines. Il est ainsi possible de "se débrancher" de toute identification [...]

Développez l'habitude d'être dans la conscience de l'"observateur" de votre vie. Cela apporte une grande liberté, même si vous ne pouvez pas y rester en permanence, car il y a plus à découvrir.

[...]

 

Qui passe du JE SUIS, identification à l'état sans forme, au monde de l'identification avec la forme ?"

 

(Page 72)

 

"Qui comprend que ces deux états existent et réalise la liberté que la non identification  apporte ?

 

Vous devez être avant ces deux états. Lorsque des parents prénomment un bébé, ils peuvent le faire car ils existent avant l'enfant. Si vous pouvez reconnaître l'état de la forme et du sans forme, c'est parce que vous existez avant ceux-ci. Si vous pouvez voir du point de vue de l'observateur, vous pouvez aussi voir l'observateur, vous ne pouvez donc pas l'être.

 

Qui donc voit l'observateur ?

Portez votre attention vers ce qui voit et restez là. Si vous pouvez l'expérimentez et en parler comme d'un phénomène, votre mental vous joue des tours. Rejetez toute idée, image et expérience et allez vers ce qui voit le mouvement le plus subtil en vous.

 

 

Ce sera l'expérience directe du néant, aucun mot, le vide, pas même le sens de vous, le sens d'aucune chose. Vous êtes Cela. Si votre mental fait des commentaires vous disant qu'il n'est pas d'accord, que vous n'êtes pas apparenté au vide, qu'il n'aime pas l'image impliquée par le terme néant, sachez que la nature du mental est de douter. Le mental fait ce qu'il veut c'est à vous de choisir de le croire ou non. Si vous êtes tranquille et demeurer en Cela, vous saurez sans l'ombre d'un doute, sans la moindre hésitation, que c'est l'indéniable vérité.

Ce ne peut être appris, mais seulement découvert, et cette découverte est à la portée de tous. Ceci n'est pas un enseignement, c'est seulement une indication sur le chemin."

 

[...]

 

(Page 73)

 

[...]

"Retirez toutes les pensées, tous les concepts et c'est le repos infini dans cela qui est avant et au-delà. La paix est là ainsi que le silence. On dit que le silence est le langage du Soi, les mots celui de l'intellect. Le silence est au-delà des mots, au-delà du mental et de la communication. Le silence dans sa forme absolue la plus pure est le Soi. Ce n'est pas que ce que ce qui est Absolu est silencieux, il n'y a rien qui doive être quelque chose. Ce qui est, l'Absolu est pur silence. Vous êtes Cela. Ainsi le Silence Absolu, sans présence ou absence d'aucune sorte, est votre état naturel. C'est l'état dans lequel vous êtes toujours. Simplement ce qui s'est passé, c'est que votre attention s'est posée ailleurs pendant un certain temps."

 

(Page 74)

[...]

"Si vous ne pouvez pas partir à la recherche de cet état naturel, alors comment peut-il être trouvé ? Toutes les questions qui contiennent le mot "comment" viennent du mental. Votre état naturel se situe au-delà du mental. Il n'existe pas de technique à vous offrir, mais des indications qui se sont avérées utiles pour beaucoup.

 

Pouvez-vous l'expérimentez ou pas ? Lorsque vous demeurez dans le Soi, il n'y a pas de vous, donc en réalité vous ne pouvez pas "vous" y conduire. Vous ne pouvez pas davantage l'expérimenter, puisque vous devez disparaître pour y demeurer. Vous pouvez peut-être réaliser maintenant que le sujet "vous", celui que vous nommez "vous-même" est aussi une idée : une simple collection de pensées. Lorsque cela est perçu, il est clairement vu que tout ce qui existe est simplement une pensée.

 

Il y a le Soi et une pensée qui s'élève du Soi, pensée qui retourne au Soi et qui reste toujours le Soi."

[...]

 

 

(Page 75)

[...]

"Demeurez dans le Soi, observez du JE SUIS ou immergez-vous dans le monde personnel de la dualité, peu importe, le Soi reste inchangé."

[...]

 

(Page 76 - 77)


"Le Soi est connaissance absolue, qui n'a pas besoin d'être connu, et n'est pas connaissable par aucun connaisseur. Il est absolu, donc sans qualité ou caractéristique, car tout attribut a son opposé. L'absolu est le Soi, le Soi est absolu mais ne vous fixez pas sur mes mots. Asseyez-vous au calme, restez tranquille et ne vous engagez pas dans les pensées : simplement laissez-les passer, sans leur prêter de l'intérêt.

Ne recherchez pas le Soi, ce serait comme si votre oeil essayait de voir la rétine. Vous êtes le Soi, le JE SUIS et vous pouvez goûter la forme. Le mental peut vous conduire à la forme et au JE SUIS sans forme. Pour aller au-delà du mental arrêtez simplement de penser arrêtez d'utiliser l'instrument qui crée le concept de "vous" et auquel vous vous accrochez si chèrement. Laissez le mental se détendre : les pensées vont aller et venir. Ne laissez pas votre attention s'accrocher à aucune d'elles en particulier. Lâchez et détendez-vous, installez-vous ainsi sans aucun effort. Ni faire, ni effort. 

 

Vous verrez que vous n'arriverez nulle part. Il ne reste que ce qui a toujours été et sera toujours, en dehors du temps. Vous êtes Cela. En restant là, il n'y a rien à voir, à sentir ou à connaître, car sentir, voir et connaître sont des fonctions mentales. Sans le mental, il n'y a pas de mémoire, et le Soi est ainsi toujours immédiat, neuf et frais. 

 

Il y a le silence, la paix et aucun désir. Il n'existe donc pas le sens que "ce pourrait ne pas être cela" ou "qu'il doit y avoir quelque chose de plus". La totalité absolue est présente. En vous familiarisant avec cette connaissance, vous verrez que dire que vous êtes comme ceci ou comme cela, est complètement irréel, ce ne sont que des concepts.

 

(Page 78)

 

L'identification commence à perdre de son adhésion, si vous êtes prêt à relâcher votre investissement en elle. Vous verrez que le mental n'est même pas une entité mais plutôt un concept. Tout ce qui est transitoire et éphémère n'est pas réel, au-delà de l'influence de la pensée.

Vous réaliserez que toute la vie, les formes et le sans forme, ne sont rien d'autre que des images se reflétant dans le miroir, qu'est le Soi. Le miroir n'est pas touché ni perturbé par ce qu'il reflète. Vous verrez encore que vous êtes "en dehors", libre du drame de l'identification avec la forme et le sans forme ; que vous n'avez jamais quitté le Soi, que vous ne pouvez pas être autre chose que ce que vous êtes. C'est seulement dans l'imagination des pensées, qui n'ont aucune existence réelle, qu'est née pour un moment l'idée d'une personne avec une vie.

Vous verrez enfin que tout ce qui est temporaire est irréel, et qu'il serait complètement ridicule de continuer à croire en l'existence indiscutable de ce qui est transitoire.

 

Si cela s'avère vrai pour vous, et pas seulement un exercice intellectuel, alors vous en êtes sorti. Si cela fait suite à une ouverture naturelle, vous êtes sorti du drame. La liberté et la libération sont des mots limités, mais ils désignent l'expérience directe de bonheur et de joie qui accompagne cette ouverture.

 

(Page 79)

Une acceptation de la vie en découle naturellement, et l'harmonie et l'ordre présents dans chaque détail de la vie physique se révèlent et restent évidents, comme si tout obéissait au bon sens. La vie ordinaire continue ; les motivations personnelles s'étant évanouies, le pouvoir derrière chaque action, chaque parole émise réside dans le silence intérieur imperturbable.

 

Ce qui arrive à votre corps ou dans votre vie, est sans conséquence durable. C'est un film. Au lieu d'être celui qui en récite le scénario, vous pouvez en devenir l'audience. Tout ce qui est nécessaire pour assurer votre subsistance, pour vous et les vôtres vous le ferez. Par ailleurs, l'expérience directe d'extase pour certains, de joie pour d'autres, de bonheur, de paix et de compassion coulera à travers vous comme un arôme qui se dégagerait de cet état.

 

Vous ignorerez les sensations non plaisantes elles font aussi partie du jeu de la forme, mais elle passent et ne retiennent pas l'attention. Seul le "je" personnel déclenche des préférences réactives de "j'aime", "j'aime pas". Dans la non identification, il n'y a pas de jugement mais le repos, et le Soi reste toujours inchangé. Rien n'attire votre attention, car rien n'est à propos de "vous" personnellement. La vie continue mais quel que soit le développement dans lequel vous êtes engagé, il n'y a plus la densité des motivations personnelles qui interfèrent dans le jeu des choses.

 

(Page 80)

A ce point, examinez si ce que vous venez de lire résonne en vous comme réel. Si c'est le cas, relisez ce chapitre pour en obtenir une compréhension intellectuelle, puis mettez de côté votre intellect, il n'est plus nécessaire de lire quoi que ce soit, demeurez simplement dans le Soi.

Glissez dans le Soi vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, jusqu'à ce que le temps révèle que le temps est aussi un concept, et jusqu'à ce que celui qui demeure dans le Soi se fonde avec le Soi.

 

Si toutefois aucune résonance intérieure n'était survenue, observez votre intellect avec intérêt. Regardez les arguments qu'il présente, et sachez que le mental qui doute aime le contrôle. Tout ce que votre mental peut faire, c'est présenter des croyances, parfois durement acquises, qu'il utilisera comme résistances au mouvement intérieur. Même la croyance en la difficulté d'accéder au Soi appartient à cette catégorie. Ce ne sont que les activités du mental se présentant dans la conscience, rien de plus que les réflexions du monde des formes et du sans forme apparaissant un bref instant, sur le miroir limpide et imperturbable de l'Absolu."

 

[Fin du chapitre 5]


 


Sommaire


Nés pour être libres de Jac O'Keeffe - Editions Charles Antoni/ L'Originel, Paris, 2010 - Extraits

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Publié dans Jac O'Keeffe

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G
<br /> <br /> C'est trop intellectuel pour moi, ça ne me parle pas, du moins pas ce matin...bonne journée!<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
T
<br /> <br /> Bonjour Gazou. Je comprends, d'autant plus que je sature souvent au niveau de l'intellect, je fais souvent des indigestions de mots. Et ce que nous cherchons est au-delà des mots.<br /> <br /> <br /> Ce qu'elle dit ou pour le moins ce que j'en comprends, ce que j'en retiens - je tente un résumé de la première partie : nous sommes la clef ce que nous cherchons :  "le besoin de se<br /> sentir chez soi dans le repos intérieur le plus complet" Pour découvrir cela, on peut commencer par comprendre que nous sommes déjà ce que nous cherchons. Cesser de rechercher à<br /> l'extérieur ce qui est déjà là en nous. Cesser de croire le mental, les pensées qui disent que cela est difficile, ailleurs. Si nous pouvons voir nos pensées, si nous constatons leur<br /> expression plus ou moins importante, la présence, l'absence de telle pensée, c'est que nous existons avant les pensées. Nous ne sommes pas nos pensées, pas plus que nous sommes notre<br /> corps (la privation d'un de nos membres, par exemple, ne nous fait pas moins être)<br /> <br /> <br /> Dans un premier temps, on peut se placer dans la position de l'observateur, neutre et bienveillant (Je suis) qui regarde passer et s'évanouir tout ce qui se manifeste en soi, tout ce qui nait et<br /> meurt en soi . Cela permet, nous dit Jac O'Keeffe, d'être "jusqu'à un certain point en dehors du drame et du cycle des plaisirs et des peines", non identifié. Mais nous sommes encore avant cela.<br /> Car qui voit qu'il passe de l'identification à la non identification ?<br /> <br /> <br /> Alors simplement s'assoir, laissez les pensées passer sans leur prêter d'intérêt, se détendre, sans effort [...] J'ai la flemme pour résumer la suite Et puis d'ailleurs là c'est à vivre plus qu'à résumer.<br /> <br /> <br /> Bonne journée !<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> <br /> Bonjour Toutestbien mon Ami,<br /> <br /> Bonjour mes Amis,<br /> <br /> <br /> L’attrait intérieur culmine lorsque vous êtes prêt à mourir par Amour, à cesser d’exister  pour que l’Amour soit, pas pour vous qui en vérité n’avez pas d’existence propre, mais pour les<br /> autres, sans pour autant vous attacher au motif que vous  produisez à l’occasion de cette sublime cessation de votre existence.<br /> <br /> Lorsque vous cessez de chercher vous observez vraiment.<br /> Lorsque vous cessez d’observer vraiment vous participez sans attente.<br /> Participer sans attente c’est répondre à l’invitation à danser avec Shiva.<br /> <br /> Votre Soi n’est jamais plus joyeux à l’idée de vous rencontrer que lorsqu’Il vous invite maintenant librement depuis qu’Il réside chez les autres.<br /> <br /> Bien à Vous<br /> <br /> <br /> A<br /> <br /> <br /> <br />
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T
<br /> <br /> Bonjour A mon Ami,<br /> <br /> <br /> Oui j'ai l'impression de comprendre cela :<br /> <br /> <br /> "Lorsque vous cessez de chercher vous observez vraiment.<br /> Lorsque vous cessez d’observer vraiment vous participez sans attente.<br /> Participer sans attente c’est répondre à l’invitation à danser avec Shiva."<br /> <br /> <br /> Il y autre chose lue hier chez Sonam (le texte en rouge) qui a semblé s'éclairer ce<br /> matin, cela concerne l'action, ou plutôt je dirai le fait d'être engagé là, le bonheur d'être engagé là.<br /> <br /> <br /> Et l'idée de rencontre, un bonheur de rencontrer qui se dégage<br /> <br /> <br /> Sans attente<br /> <br /> <br /> Bonne journée mon Ami<br /> <br /> <br /> <br />